Une femme gaie guérit plus qu’une femme triste


Je vous propose un extrait d'un  article du Dr Pierre Guirchoun sur les 3 qualités évoquées en fin de séance de sophrologie (confiance, harmonie et espoir) et plus spécialement sur l'espoir, L'enthousiasme et l'optimisme.

Cet article est spécialement dédié à toutes mes patientes. Je sais combien il est difficile de trouver la gaieté, la paix de l'esprit et la confiance lorsque les diagnostics ne sont pas bons mais c'est votre liberté, votre choix et comme disait GALIEN (131- 201), l’un des pères de la médecine avec Hippocrate "Une femme gaie guérit plus qu’une femme triste"

Avancer sur votre chemin, dans une posture digne et alerte,  bien ancrée dans votre présence, en regardant loin très loin devant vous, et là souriez et ouvrez vous à tous les champs du possible.




3. LA CAPACITE D’ENTHOUSIASME, D’ESPOIR ET D’OPTIMISME :

L’enthousiasme est un état d’humeur positive et une attitude de conscience consistant à vivre chaque situation avec entrain et avec toute sa vitalité, à appréhender et goûter les événements avec délectation, à accomplir ses actions avec ardeur et bonheur, vécus intérieurement et pas forcément de manière démonstrative, et qui apporte un sentiment fait à la fois de satisfaction, de félicité et de complétude. 

Etre enthousiaste, c’est agir avec énergie et volonté (non pas avec un sentiment de puissance ou de supériorité mais dans une tranquillité bienheureuse) dans un état de plénitude heureuse.« Une femme gaie guérit plus qu’une femme triste » disait GALIEN (131- 201), l’un des pères de la médecine avec Hippocrate.




A ce sentiment vécu corporellement et affectivement, le Pr CAYCEDO lui a donné l’appellation de bonheur vital. Que faut-il comprendre de cette appellation ?
Précisons d’emblée, que le bonheur vital ne doit pas être confondu avec la recherche acharnée d’un état d’euphorie permanente, de grâce béate ou de bonheur absolu et parfait éloigné des réalités objectives. Loin d’être un état perpétuel d’exaltation incontrôlée ou de débordement de gaieté naïve et syncrétique, ni même un sentiment de puissance irrationnelle, ni même à l’inverse un état d’extase passive, le bonheur vital s’inscrit dans des moments choisis et arrêtés que nous appelons, en Sophrologie Caycédienne, des "Pauses Phroniques d’Intégration"

Ce sont des moments de recentration sur soi encore plus en profondeur, des moments d’intériorisation des phénomènes positifs qui se sont révélés pendant la vivance, des moments d’harmonisation générale ("Pause Phronique de Totalisation"), des moments de vécu pleins dans l’ici-et-maintenant de chaque pause.
Ces moments privilégiés de bonheur vital que nous nous accordons à nous-mêmes lors de nos entraînements sophrologiques, CAYCEDO les nomme "instants isocay(dans une première étape de la pratique), "moments isocay(deuxième étape) et "journées isocay" (troisième étape).
Si le bonheur vital se vit dans l’instant isocay (donc dans le présent), l’espoir s’inscrit  pour tout le futur, pour l’éternité :« L’espoir est une bonne chose et les bonnes choses sont éternelles » a déclamé le talentueux acteur américain Morgan FREEMAN dans une des dernières scènes du film Les évadés réalisé par Frank Daramont en 1994.

L’espoir, c’est une confiance réaliste en la positivité de l’avenir (et non pas une confiance aveugle, excessive, candide, utopique ou irréalisable mais une confiance véritable qui s’appuie sur la conviction mesurée de ses capacités à réussir les choses). C’est une forte croyance en un aboutissement positif de projets basée sur ses capacités personnelles intégrées dans sa conscience. Il ne faut pas confondre l’espoir et le destin ou la destinée (mêmes positifs) : « La vie d’une conscience libre ne consiste pas à choisir une route  tracée d’avance, mais à faire son chemin » (H. BERGSON, dansEssai sur les données immédiates de la conscience, 1889).                                                                                                                                                              
C’est avec les techniques de Deuxième Degré de la Méthode Caycedo que nous développons la FUTURISATION, qui fait partie des grandes capacités de la conscience. « Futuriser, c’est être capable de mettre en jeu une action en vue de, qui s’appuie sur une réalisation concrète (et non illusoire, utopique, spéculative ou supputative).
Futuriser, c’est la capacité à se projeter dans le futur en s’appuyant sur ses possibles, en restant dans la vivance (ce que l’on appelle « activer la futurisation ») afin de prendre conscience de cette capacité de mobilisation de nos forces vives (= forces positives, forces de vie), de pouvoir agir sur notre futur qui sera vécu d'une autre manière, renforçant ainsi notre sentiment présent d'exister pleinement » (P. GUIRCHOUN, in Réflexions sur la Temporalité dans la pratique de la Méthode Alfonso Cycedo : Temps, Temporalité, Tridimensionnalité temporelle : aujourd’hui la Futurisation, Revue Sophrologie Caycédienne en Médecine et en Prophylaxie Sociale n° 50, 3° trimestre 2007). Le vécu futurisé se vit au présent dans la conscience, s’intégrant en elle et qui va faire que les projets futurisés deviendront des projets agis :

              F U T U R I S A T I O N             >>>>                 A C T I O N
             (vivance au présent)                                     (futur possible)

L’optimisme, basé sur un espoir vrai (et non pas sur une espérance vague, floue) est une disposition axiologique de la conscience consistant à voir le bon côté des choses, leurs qualités, à penser du bien des personnes, à appréhender en elles leurs valeurs. L’optimisme est plus que l’absence d’idées noires et il n’est en aucun cas une prédiction de résultats mais il est une attente confiante, sereine et joyeuse d’une possibilité positive (avec, quelque part en soi, un niveau élevé de certitude que même un échec hypothétique n’entamera en rien cette confiance, cette sérénité et cette joie). 
Pour simplifier, nous dirions que l’optimisme n’est pas une prédiction ni une prévision mais une conviction intime que les choses attendues vont bien se passer (ou en tous cas, avec une forte croyance en nos capacités d’adaptation).



Optimisme et réalité objective :
Bien que cela paraisse surprenant, ce sont les sujets optimistes qui ont le sens le plus aigu de la réalité objective, parce qu’ils restent ouverts au champ des possibles (de tous les possibles), les pessimistes envisageant les scénarii de manière faussée, rigide ou tordue et dont l’issue est toujours pré-établie, unique et négative. Chez ces derniers, c’est le rétrécissement de leur champ de conscience qui produit des distorsions de la réalité objective. 

La Sophrologie Caycédienne permet, grâce au travail de développement de notre conscience, d’en élargir son champ et de renforcer chez nous l’optimisme, travail d’entraînement basé sur le "principe de la réalité objective" (A. CAYCEDO).

L’optimisme rend créatif et clairvoyant pour aborder les éventuelles difficultés avec une vue d’ensemble, pour mieux résister aux aléas de l’existence. Il permet une ouverture aux opportunités et aux perspectives. Il nous rend ouverts au monde et ouverts aux autres ; il nous rend affables et sociables. Cultiver l’enthousiasme et l’optimisme a une action positive sur notre bien-être et notre bien-devenir personnels nous poussant à les partager avec autrui et renforçant ainsi et aussi leur propre bien-être.
Ce bien-être communiqué et partagé avec les autres ne l’est pas par simple contagion automatique, mais par un réseau subtil de messages transmis de conscience en consciences grâce à une nouvelle entrée en contact avec ces autres, par un fonctionnement psychosocial devenu autre (un fonctionnement existentiel et relationnel empreint de joie, de générosité, d’empathie et/ou de sympathie, d’amour).

                                                                               Dr Pierre GUIRCHOUN